• Banlieue Est parisienne... La fin des Magasins Généraux de Paris

    Selon un ouvrage consacré à la Compagnie des Entrepôts et Magasins Généraux de Paris par une historienne, Elisabeth PHILIPP, ce que l'on sait aujourd'hui, c'est qu'il y a bien eu le 19 août 1944 lors de la libération de Paris, juste avant l'arrivée de la 2è DB du Général LECLERC et des Américains, une véritable bataille rangée entre les FFI et les Allemands. A la limite du XVIIIè arrondissement parisien et d'Aubervilliers, au bord du canal, à l'emplacement même de ce qui est devenu un complexe marchand, celui du Millénaire, érigé en 2008 et inauguré en 2011.

    « Alors que le départ de l'occupant devait intervenir dès le 17 août 1944, écrit Louis PETRIAC dans un hommage à ce quartier aujourd'hui disparu, beaucoup se battront encore le 19, bien que la mairie d'Aubervilliers ait été enlevée par la Résistance et certains responsables de La Charbonnière. Il est facile d'imaginer l'attente de gens manquant de tout et de la possibilité qui leur était soudain donnée d'avoir accès à des stocks de grain ou de denrées comme le sucre. Beaucoup de ceux-ci n'avaient pas subi de très fortes variations. Une tentation qui ne saurait cependant justifier les nombreux pillages commis ! Parfois même par des libérateurs eux-mêmes comme en témoignera un ancien des Magasins Généraux, un certain A. TOUVET ». Paris ne brûlera pas, les différents entrepôts des Magasins Généraux remplis de victuailles non plus, alors qu'il en avait longtemps été question ! On y avait même entreposé dès l'été 1942 et la rafle du Vel d'Hiv une partie des biens confisqués chez les Juifs arrêtés qui avaient été emprisonnés à Drancy. Certains de ceux qui résidaient dans le secteur et qui avaient été emprisonnés en Allemagne durant cinq ans à partir du printemps 1940, dont Jean, le père de Louis PETRIAC, reviendront dix mois plus tard, faisant preuve d'un courage inouï puisqu'ils se remettront aussitôt au travail sans prendre le temps de digérer leurs émotions. Découvrant en mai 1945 un endroit dévasté qu'il avait à reconquérir, il y retrouvera seulement sa chienne (ci-dessous) qui, le reconnaissant, lui fera une fête propre à lui faire oublier son infortune !

    Auteur d'Histoires d'Avant (ci-dessus) Louis PETRIAC a pu recueillir une multitude d'informations en vue de la publication en 2012 d'un ouvrage hommage à tout ce quartier disparu depuis le début des années deux mille où il avait grandi et qu'il avait quitté en 1971. Comment on y avait vécu au cours des siècles précédents et quel était le profil de ceux qu'il y côtoyait. Son père avait tenté d'y installer en 1933, avec sa première épouse, un commerce de restauration attiré par un challenge prometteur et par une offre des Magasins Généraux et Entrepôts de Paris soucieux de faire de ce périmètre ce qui allait devenir pendant soixante ans un lieu d'échanges industriels autour d'un pôle charbonnier. Souvent au mépris de conditions de travail décentes et de ce que l'être humain a physiquement la possibilité d'endurer !

    HISTOIRES D'AVANT, Louis PETRIAC, ISBN n° 978-2-918296-11-9

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