• Il fallait entreprendre ce voyage au pays de la déraison pour que tout s'éclaire...

    Il aura fallu entreprendre ce voyage au pays de la déraison...Avril 1988... L'homme, encore jeune, était à bout de souffle ! Privé du moindre soutien, ce seront un peu plus de deux années d'errance qu'il passera à tenter de comprendre ce qui avait bien pu lui arriver et pourquoi il avait choisi de renoncer. Avec, en prime, la découverte d'un monde que jamais il n'aurait pensé pénétrer un jour : celui de la déraison. Ces trois mois d'immersion dans l'un de ces hôpitaux où sont mêlés ceux ne présentant pas de pathologie particulière et ceux qui ont depuis longtemps basculé dans le délire, l'auteur en parle dans un ouvrage d'un peu plus d'une centaine de pages : Voyage au pays de la Déraison. L'ouvrage évoquant ce voyage n'était au départ qu'un vulgaire journal de bord, pas encore un essai d'art thérapie et un document banal qui n'évoquait qu'une mise entre parenthèses. Parce qu'il fallait échapper aux distributions massives de médications inappropriées et surtout, ne pas perdre le fil, celui qui reliait encore son auteur à un monde qu'il avait tenté de fuir et qui avait subitement choisi de lui tourner le dos.

    Aussi curieux que cela puisse paraître, c'est dans cet environnement où l'on déraille facilement, que l'auteur a commencé à se reconstruire et à oublier un début de parcours chaotique. En découvrant, d'abord perdu, une volonté de témoigner de sa rencontre avec des gens qui n'avaient eu que le tort de ne pas avoir su résister à la pression d'un monde impitoyable où tout n'est pas qu'amour. Comme il le dira en s'attelant à un travail qui lui aura tout de même demandé quelques années, il suffisait pour réfléchir, que le décor s'y prête et que la folie, la sienne comme celle des autres, serve de déclic à l'envie légitime de tout dire.

    Un ouvrage fort que l'auteur, sur le point de devenir éditeur après avoir patiemment trouvé sa voie contre vents et marées, publiera à la fin de l'année 2005 après avoir découvert ce qu'était la résilience si chère au psy et écrivain Boris CYRULNIK déporté enfant dans les camps de la mort nazis.

    EXTRAITS : C'est l'histoire d'un fou... Combien de fois, à l'école, avais-je ainsi entendu débuter une histoire ? J'étais cependant loin d'imaginer comment les fous vivaient et surtout où ils vivaient. En un mot, l'endroit où on les gardait pour qu'ils ne dérangent pas les autres et qu'ils ne fassent pas tâche dans le décor ou, comme disent les gens bien-pensants, qu'ils ne troublent pas l'ordre public... Lorsque j'entendais parler d'asiles de fous et de fous, je me référais aux quelques clichés auxquels j'étais attaché comme un grand nombre de mes semblables. Celui de demeurés roulant par terre, les yeux hagards, ou suspendus aux branches d'un arbre dans un grand jardin, sous l'oeil attentif de quelque cerbère prêt à intervenir. Il suffit du reste de se remémorer certaines scènes du film que Milos Forman a consacré au sujet il n'y a pas si longtemps et dont on vient de réaliser une adaptation théâtrale, pour se rendre compte à quel point ces clichés ont la peau dure. Sans doute faudra-t-il encore quelques années avant que le sentiment des gens change à propos de ces hôpitaux que sont restés les asiles et surtout de ceux qui les peuplent, constituant une réelle population d'exclus en complet décalage avec leur époque. 

    VOYAGE AU PAYS DE LA DERAISON, Louis PETRIAC, ISBN n° 978-2-95241-17-07

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