• Jean Rodon, son récit sur le début de la guerre et ce départ au STO...

    Jean Rodon, son récit sur le début de la guerre et ce départ au STO...

    Jean Rodon, son récit sur le début de la guerre et ce départ au STO...

    Le départ, son départ vers l'enfer nazi d'Hennigsdorf, c'est aussi pour Jean RODON l'instant de quitter celle qui venait de redonner un sens à sa vie et qu'il avait rencontrée près de l'atelier de mécanique générale où il travaillait rue du Temple. Un moment terrible qu'il aura du mal à surmonter, encore un peu plus à l'arrivée en Allemagne...

    (Extraits) : C'est en rangeant mes vêtement dans le placard que je voulus sortir le petit mot qu'avait glissé discrètement Sophie dans la poche de mon blouson, espérant y trouver un peu de réconfort, une présence, une douceur de la part de celle qui allait tant me manquer, en plein désarroi dans lequel nous nous étions trouvés en si peu de temps. Car aussi ridicule que cela puisse paraître, c'est volontairement que j'avais reculé cet instant pour y retrouver un instant de bonheur extrême à un moment où j'en aurais vraiment eu besoin. Devenu si rare à notre époque, cela faisait déjà partie d'une forme de philosophie personnelle touchant peut-être à l'épicurisme. N'ayant pas trouvé le papier, et doutant de ma mémoire, je me mis à chercher dans l'autre poche sans succès. Je fus obligé de me rendre à l'évidence et d'imaginer que, sans doute sous l'effet d'une intense émotion, le papier avait été introduit maladroitement dans ma poche, le soir à la sortie du métro Eglise de Pantin et qu'il avait glissé le long de mon blouson, s'envolant en tombant sur le sol sans que nous nous en soyons aperçus, enfermés dans notre souffrance. Elle avait dû inscrire sur ce papier qui nous avait trahis, tout ce dont nous aurions eu besoin pour continuer à communiquer et nous retrouver plus tard lorsque le cauchemar aurait pris fin. Mon désarroi se transforma en un immense désespoir et je compris alors que tout moyen de communiquer allait être impossible avec elle. Une terrible obsession m'étreignit également, celle de savoir comment elle réagirait face à mon inexplicable silence. Que penserait-elle de moi avec ses parents qu'elle avait mis récemment dans la confidence, et également avec ses collègues de travail pour lesquels nous étions déjà des fiancés? Une petite lueur venait de s'éteindre définitivement, ne laissant plus place qu'à l'irréalisable ou à l'inconcevable.

    L'ouvrage est proposé au prix de 21 €.

    JOURNAL D'UN ADOLESCENT FACE A LA GUERRE, Jean RODON, ISBN n° 978-2-918296-46-1

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