• La bouteille de goutte... Mais qui était donc ce Wilhelm Otto ?

    C'était dans la Sarthe d'avant...Avant de parvenir à raconter comment Wilhelm OTTO avait vécu ses retrouvailles avec les CHOLLET à La Flèche, quarante-cinq ans après les avoir quittés, il avait fallu que Guillaume FERRAND tente de comprendre qui était l'ancien soldat allemand. Et fort heureusement avant de disparaître ce dernier avait publié en 2006 une biographie au titre éloquent : Mein Jahrhundert (mon siècle) ! Un ouvrage dont il convenait de faire traduire l'essentiel pour mieux comprendre quel avait pu être le passé d'un homme emprisonné qui, soudain, avait choisi la rédemption et d'aller aider bénévolement un agriculteur sarthois. Sans doute pour mieux supporter le poids des erreurs qu'il avait pu commettre jeune homme et pouvoir à nouveau se regarder dans une glace sans avoir honte de ce qu'il était devenu. Je me suis parfois plu, dira l'auteur, à imaginer ce qu’avaient pu être les réactions de mon grand-père et de son aide bénévole et aussi des uns et des autres, comme à cet instant précis où Wilhelm, en route pour la Sarthe avec toute sa petite famille, s’apprêtait à retrouver les CHOLLET... 

    (Extraits du récit) Son esprit empreint d’un peu plus d’humanité, Wilhelm se prit à maudire cette mauvaise guerre qui l’avait contraint à mettre un terme à ses projets d’agriculteur dès l’automne 1939 et à laisser derrière lui la région de Leipzig où il vivait avec sa petite famille dans un magnifique endroit promis à toutes les espérances.Il avait lui-même été enrôlé à Dachau près de Munich le 6 septembre 1939, quelques jours après le début des hostilités contre la Pologne, au sein d’un régiment de Waffen SS-Totenkopf, où la vie avait rapidement pris une tournure différente. Il le concède dans un document dont il a prévu de faire un jour un récit de vie, soulignant que leur régiment n’avait rien de comparable avec la Wehrmacht. Après une formation difficile au sein de la Waffen SS, il s’en souvenait encore, il leur avait été demandé de pouvoir se déployer en un rien de temps et surtout d’être en mesure de s’adapter à toutes les situations. Et cela dès le mois de décembre et pas seulement en tant que soldats, mais aussi en tant qu’hommes dont l’objectif poursuivi par leur hiérarchie était d’en faire de véritables modèles, capables de servir une politique. Mais quelle politique au juste ? A Leipzig avant-guerre, on y vivait nettement mieux qu’une dizaine d’années plus tôt ! Car, avant que leur Führer n’arrive au pouvoir et une trop longue période de disette, chacun ne rêvait qu’à un monde meilleur, surtout, dans un pays où sévissait encore en 1933 un chômage impitoyable touchant toutes les composantes de la société. Avec un vœu, celui de pouvoir vite retrouver un emploi, afin qu’à la maison on puisse nourrir toutes les bouches. Et cela sans imaginer un seul instant qu’il leur faudrait un jour reprendre les armes comme leurs aînés vingt-cinq ans plus tôt ! Vivre mieux… mais n’était-ce pas le but que l’on s’était impérativement fixé chez les Otto avant le début de cette affreuse guerre ? 

    La bouteille de goutte... Willy, leur avait-il dit toute la vérité ? Le regard de Wilhelm glissa vers son épouse Gertrud et vers son fils Wolfgang qui l’avait relayé au volant de leur Trabant sur cette route qui les menait vers l’ouest de la France. Mais que s’était-il donc passé en lui pour qu’il aliène ainsi autant de choses une soixantaine d’années plus tôt ? A un moment où, sorti de l’école d’agriculture de Comburg qui l’avait vu étudier et obtenir quelques encouragements, il avait pris la décision de mettre un terme à ses études afin de prêter main forte à son père au sein de leur commerce de négoce de matériel agricole ? Alors qu’en poursuivant ses études il aurait pu devenir administrateur agricole, inspecteur ou gestionnaire de marchandises ou haut responsable ? Sans doute s’était-il convaincu qu’il fallait l’aider à sauver ce qu’il avait su préserver quelques années plus tôt par son sens inné des affaires alors que son pays se débattait dans des difficultés sans nom face à une terrible inflation et les atermoiements d’une République de Weimar impuissante ? Rien pourtant ne le prédestinait à devenir un nazi ni à adhérer au NSDAP de leur Führer ! Rien si ce n’est ce goût, son goût, celui d’aller de l’avant et de découvrir des choses nouvelles. Comme quelques autres jeunes gens, Wilhelm reconnaissait qu’il avait été séduit par ce que leur promettaient les nouveaux maîtres de l’Allemagne au début des années trente, alors que leur pays manquait depuis si longtemps d’imagination. D’autant que jeune adolescent il n’avait pas éprouvé le besoin de se tourner vers les Jeunesses Hitlériennes, ni un peu plus tard vers les Sturm Abteilung dont la présence dans les campagnes était plus discrète que dans les grandes métropoles urbaines et qu’il prenait pour d’abominables voyous. A plus forte raison après que certains d’entre eux eurent cherché querelle à son père, allant même jusqu’à le bousculer au terme d’une rixe qui les avait opposés.

    Cet ouvrage de Guillaume FERRAND pourrait être traduit dans les prochains mois en allemand, des contacts ayant été pris avec les descendants de Wilhelm OTTO pour qu'il puisse être proposé en Allemagne. Mais rappelons que vous pouvez toujours l'acquérir en ligne ici en bénéficiant de frais de port allégés compte tenu de la crise sanitaire (1,50 € c. 4,00 €).

    LA BOUTEILLE DE GOUTTE, Guillaume FERRAND, ISBN 978-2-918296-48-5 

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