• Le saviez-vous ?

        

    On le sait aujourd'hui, la plupart des vedettes et des hommes politiques font appel à des "nègres" pour rédiger les ouvrages qu'ils signent et dont ils aiment qu'on leur attribue la paternité. Mais ce que l'on sait moins, c'est que cette pratique remonte déjà à pas mal d'années, voire même à quelques siècles. Ainsi, en était-il d'Alexandre DUMAS auquel on prête une association avec un certain Auguste MAQUET, sans que l'on sache très exactement combien d'oeuvres ont été de la sorte conçues en collaboration et si les plus grands succès de DUMAS font partie du lot. Plus récemment, l'association de l'ancien affairiste et pape du western financier  Paul-Loup SULITZER* (voir l'extrait vidéo ci-dessus) avec un certain Loup DURAND avait fait beaucoup jaser. Surtout après le succès retentissant des premiers ouvrages d'un homme que le Tout-Paris présentait comme l'une des personnalités les plus en vue des années quatre-vingt. Avant que quelques déboires matériels et de santé ne terrassent un homme qui, aujourd'hui, n'est plus que l'ombre de ce qu'il avait été au temps de sa splendeur et de sa collaboration avec Loup DURAND. Nous rappellerons que leur association avait été révélée par Bernard PIVOT sur le plateau de l'émission Apostrophes diffusée sur France-Télévision.  

    Depuis, le nombre de ces rédacteurs professionnels s'est accru sensiblement, sans doute en lien avec une génération qui est à présent très axée sur l'image et qui est beaucoup moins à l'aise pour écrire. Ce qui a, en revanche, changé au fil des années, c'est l'aspect discrétionnaire qui caractérisait de tels attelages voici encore une vingtaine d'années. Sans doute pense-t-on aujourd'hui que les personnalités n'ont pas le temps de se mettre à l'écriture et qu'il est même normal que la plupart des hommes politiques ou célébrités, pour ne parler que d'eux, soient entourés de leur propre nègre. Sans que l'on songe un seul instant à nier leurs qualités rédactionnelles. Du moins pour la plupart. On prête ainsi à l'un des anciens responsables de l'UMP, Roger KAROUTCHI, pour la rédaction d'un ouvrage traitant de son homosexualité, une collaboration avec l'ancien journaliste de Libération Guy BENHAMOU. Jean-Paul BRIGHELLI, ancien professeur de lettres à Marseille et normalien, a, lui, gagné une certaine reconnaissance depuis la sortie d'un ouvrage dans lequel il mettait en cause l’école : La Fabrique du crétin publié aux éditions Jean-Claude GAWSEWITCH. Parler des cancres l'a indéniablement servi. Son autre titre de gloire, les mémoires du maire de Levallois-Perret et ami de l'ancien Président de la République : SARKOZY, Patrick BALKANY, dans lequel celui-ci confessait avoir eu une aventure avec Brigitte BARDOT. Dans un tout autre ouvrage conçu avec Jean-Louis BORLOO et publié chez Ramsay en 2002, Jean-Paul BRIGHELLI raconte aussi une collaboration qui, elle, se serait soldée par un échec. On prêterait par exemple à l'écrivain DAN FRANCK une collaboration avec le footballeur Zinedine ZIDANE et avec la chanteuse de varités Rika ZARAI. L'ancienne ministre de la Culture et de la Communication Christine ALABANEL aurait écrit pour Jacques CHIRAC avant de prendre la direction du Château de Versailles et d'être appelée un peu plus tard à des responsabilités ministérielles. De la même façon et ce n'est plus un secret pour personne, il est établi qu'Henri GUAINO, l'ancien secrétaire général de l'Elysée, qui s'apprête à lancer sa candidature au poste de Président de la République rédigeait la plupart des interventions de Nicolas SARKOZY et qu'un dénommé Eric DUMOULIN aurait prêté sa plume à Jean ARTHUIS, Roselyne BACHELOT, Edouard BALLADUR et même à Valéry GISCARD d'ESTAING.

    Mais si les personnalités avouent un peu plus souvent quels "nègres" il leur arrive de faire travailler, il en est tout autre de ces écrivains d'occasion qui ont beaucoup plus de mal à reconnaître que "leur livre" a en fait été conçu par un rédacteur professionnel. Pour beaucoup de ces gens plus ordinaires que nous côtoyons, avoir écrit un ouvrage est une étape, voire une sorte de reconnaissance dont ils ne sauraient se priver. Parce qu'on aime toujours donner le sentiment d'avoir les compétences que d'autres se plaisent à ignorer. Et si certains reconnaissent dans le corps même de leur livre quelles sont leurs limites, d'autres, en revanche, aiment à se glorifier d'une conception dont ils ont eu, certes, l'idée, mais qu'ils auraient été bien incapables de mener à bien, seuls. Nous sommes bien placés pour le confirmer ici, puisqu'il nous arrive régulièrement d'intervenir dans ces conceptions.  

    Beaucoup prétendent qu'un nègre gagne bien sa vie. Au-delà de l’intérêt que certaines plumes de l’ombre trouvent à cette activité, celle-ci leur permet, effectivement, de très bien arrondir leurs fins de mois. Mais tout dépend aussi de l'impact qu'auront ensuite toutes ces créations au niveau des ventes. Si Jean-Paul BRIGHELLI demande 10 000 euros par ouvrage, les tarifs varient le plus souvent entre 5 000 et 8 000 €, pour un travail de trois à six mois. Ce qui n'est pas considérable pour un demandeur qui émarge souvent mensuellement à bien plus de 10.000 €. Nous n'évoquerons pas ici toutes les autres difficultés attachées aux prestations réalisées par nombre de plumes moins célèbres qui, entre deux ou trois récits de vie et les quelques plaidoyers qu'ils produisent chaque année, sont parfois obligées, lorsqu'il s'agit de se faire payer, de faire des pieds et des mains avant d'encaisser leur premier euro. Car, si faire commerce d'un tel talent, demande souvent un solide carnet d'adresses, il exige aussi beaucoup de patience.

    Louis PETRIAC

     * Auteur entre autres de MONEY

    « Des félicitations qui font plaisir ! Celles de Fred Mella !Edith, Est-ce qu'on ne risque pas d'être des cloches ?... »
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