• Le traitement de la folie serait-il un monde à part ?

    Dans son Voyage au pays de le déraison, c'est à une véritable descente aux enfers que nous convie l'auteur d'un ouvrage qui ne donne pas l'impression d'avoir vieilli, même trente ans plus tard, tant le monde de la psychiatrie reste un monde à part. Pourtant, c'est dans un décor qui, au départ, n'avait vraiment rien d'attirant qu'il a pris conscience qu'il lui fallait faire autre chose de son existence et réagir. En luttant au besoin contre les prescriptions anarchiques de traitement et à une véritable fabrique de zombies. Alors que venait de sortir sur les écrans un film de Milos FORMAN avec un Jack NICHOLSON éblouissant, force est de reconnaître que le cinéaste avait vu juste en décrivant cet univers particulier qu'est le monde de la folie et un enfermement censé sanctionner les dérapages comportementaux. Mais, revenons au témoignage de notre auteur et à son voyage au pays de la déraison.

    Comme il l'avoue c'est sa toute première découverte des autres dans cet endroit pour le moins surprenant qui l'a effrayé, tant ce qu'il avait vu lui avait été insupportable. « Ma présence ayant été jugée indispensable au réfectoire - contre toute attente il y en avait un dans l'endroit où j'avais échoué - je fus rapidement convié à quitter ce qu'ils appelaient une chambre pour y prendre mon premier repas. Pourtant, si cela n'avait tenu qu'à moi, je serais volontiers resté dans ma nouvelle carrée pour dîner, car avoir à se retrouver à table avec des fous et supporter une quantité de regards absents, ne me paraissaient guère emballants. Sans repenser aux drôles de coucous de Milos Forman, ni à Billy Bibit et aux autres, sans doute avais-je le sentiment d'être en présence de bien plus de marginaux de la bimbeloterie que de gens soignés pour dépression. Et le fait de les savoir en liberté, même surveillée, d'avoir à les affronter et, parfois même, d'avoir à contenir leurs débordements, je dois avouer que cela m'inquiétait. J'eus beaucoup de mal à avaler ce second repas, bien plus que je n'en n'avais eu à avaler celui du midi que j'avais encore pu prendre dans ce qu'ils appelaient une chambre. Privé de mes lunettes de myope, j'imaginais le regard des fous braqué sur moi, l'intrus, le nouveau, celui qui dérangeait, les rires gras et sarcastiques de certains d'entre eux, leur comportement dérangeant... ».

    Trente ans après ce voyage dans un monde dérangeant, alors que "le pétage de plombs" est de moins en moins une denrée rare, il n'est pas inutile de préciser que la psychiatrie reste le parent pauvre de la médecine. Du moins, s'il faut en croire l'article publié récemment dans un média. Ce qui ferait frémir.

    VOYAGE AU PAYS DE LA DERAISON, Louis PETRIAC, ISBN n° 978-2-952411-7-07

    « Shunet... Plus qu'une dent contre une marâtre !A la semaine prochaine, à La Douze... »

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :