• Nos articles

     

  • Sur ma vie
    Sur ma vie...
    Je t'ai juré un jour
    De t'aimer jusqu'au dernier jour de mes jours
    Et le même mot
    Devait très bientôt
    Nous unir devant Dieu et les hommes

    Sur ma vie ou Quand Charles Aznavour écrivait pour les autres...Sur ma vie... ou le charme désuet du a capella ! L'un des succès d'une époque où Charles AZNAVOUR, décédé le 1er octobre dernier, cherchait encore à établir un lien avec un public boudeur et qui le voyait souvent écrire pour que les autres tirent un maximum de succès de ses magnifiques créations. Sur ma vie, écrit en 1955 - on était encore loin de la rencontre avec Ulla - fait incontestablement partie de ces titres qui, apportés aux COMPAGNONS DE LA CHANSON au retour d'une de leurs tournées aux Etats-Unis, ont été magnifiés par le timbre sans faille de Fred MELLA, le soliste de l'ensemble. Comme le seront un peu plus tard d'autres créations comme Les comédiens ou La mamma. Une période sans conteste l'une des meilleures périodes de créativité de Charles AZNAVOUR qui compensait cette désaffection du public par quelques apparitions restées marquantes sur le grand écran : La tête contre les murs, Les dragueurs, Tirez sur le pianiste avec la très belle Michèle MERCIER (photo ci-dessus), Le passage du Rhin, Taxi pour Tobrouk ! 


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  •  LES COMPAGNONS DE LA CHANSON par Francis-Albert

    Ce Prisonnier de la tour reste l'un des titres dont il avait fait une merveille en 1948 ! Un titre que beaucoup n'ont pas connu, passant sans aucun doute à côté d'un véritable chef d'oeuvre. Cette magnifique création (extrait ci-dessus) due à Francis BLANCHE et à Gérard CALVI, le père du journaliste politique, est sorti en juin 1948 au retour d'une première tournée aux Etats-Unis et il est, avec Les trois cloches et quelques autres réussites, à mettre au crédit d'un homme que notre auteur Louis PETRIAC a rencontré en avril 2014 à Strasbourg. Malgré le poids des années, Marc HERRAND reste aujourd'hui à 93 ans, toujours aussi disert lorsqu'il s'agit d'évoquer ces années Compagnons, les premières qui l'auront vu révéler son talent. Et quel talent ! Au moment où la Chanson française vient de perdre Charles AZNAVOUR, ces COMPAGNONS avec les Frères MELLA et le jazzman GASTON sont encore avec Marc HERRAND au nombre de quatre. Quatre individualités qui auront été les témoins d'une grande époque aux côtés de créateurs dont hélas on ne parle plus ou pas assez. 

    Marc Herrand... un Compagnon inoubliable !Dans l'ouvrage (photo ci-contre) que nous avions publié voici quatre ans, Marc HERRAND parle bien sûr de son exceptionnel parcours d'artiste mais aussi de tous ces disparus avec lesquels il aura travaillé : Edith PIAF bien sûr, Paul MAURIAT, Charles TRENET, Léo FERRE, Jacques LARUE, Henri CONTET avec lequel il dînait régulièrement ! Il est vrai qu'après avoir vécu une vie prodigieuse, il avait encore tellement de choses à dire ce musicien dans l'âme, qui savait peindre avec les voix. Si son premier ouvrage, écrit à quatre mains avec son épouse Yvette GIRAUD et publié en 2005, avait surtout raconté une fantastique odyssée au Japon, beaucoup de points n'avaient pas été évoqués. L'enfance de Marc, et les affres auxquels il a été confronté quand, en 1951, il s'est agi de choisir entre rester COMPAGNON DE LA CHANSON ou devenir l'arrangeur chef d'orchestre de son épouse Yvette. Sans oublier ses premiers émois musicaux aux côtés d'un père inflexible et d'une mère qu'il aura perdu trop tôt, qui ont valu à Marc de découvrir la musique et le chant choral avant de parfaire sa formation chez le maître de chapelle Louis LIEBARD avec lequel, malgré quelques divergences, il avait réussi à tisser un lien exceptionnel.

    Vous pouvez toujours vous procurer cet ouvrage d'environ 210 pages, abondamment illustré, que nous avons toujours en stock.    

    * Marc HERRAND, un inoubliable grand Monsieur de la Chanson française, Louis PETRIAC, 22 €


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  • Le monde des Compagnons de la Chanson touché à nouveau !

    Nous venons d'apprendre, quelques heures après le décès de Charles AZNAVOUR, celui de Suzanne AVON-MELLA (photographiée récemment avec lui et son époux), l"épouse de Fred MELLA, le soliste des COMPAGNONS DE LA CHANSON. Charles était le parrain de leur fille. Décidément, le monde est parfois bien cruel et nos pensées vont, bien sûr, à Fred et à tous les siens. Fred qui avait eu la gentillesse de préfacer notre ouvrage consacré au Duo Magique formé par Jean BROUSSOLLE et Jean-Pierre CALVET que nous avions publié fin 2016.

    Toutes nos condoléances ! 


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  • Temps-d-avant-Aznavour.jpgAu moment où nous apprenons sa disparition, je ne peux m'empêcher de me souvenir de la lecture d'un récit que Charles AZNAVOUR avait publié chez Flammarion. S'il faut en croire son temps des avants (ci-contre), un de ses ouvrages mémoire publié en 2003, Charles AZNAVOURIAN* aurait "déniaisé" les COMPAGNONS DE LA CHANSON avec lesquels il avait débuté en 1947 et qui, à lire aujourd'hui les journalistes, n'auraient jamais existé. Sans que l'on sache cependant combien il avait ainsi réussi à en "prendre en main" pour qu'ils deviennent des hommes ! Cela étant, il faut bien reconnaître que l'ouvrage en question est croustillant à plus d'un titre et qu'on ne peut s'empêcher de rire de temps à autre. Ses premières passes d'arme avec Edith PIAF valaient le détour et surtout, surtout, cette tournée effectuée en Suisse en compagnie de sa bienfaitrice et des très jeunes COMPAGNONS DE LA CHANSON. Reconnaissons que 1947 était une sacrée année pour tous ces prétendus puceaux, la première qu'ils vivaient aux côtés d'AZNAVOUR et de son compère ROCHE et, déjà, la deuxième qu'ils vivaient aux côtés de leur grande Dame ! Aussi, ces anecdotes, dont on n'a plus reparlé après coup, m'avaient-elles amusé et un peu surpris.

    EXTRAITS : "Dès le départ, les Compagnons n'étaient pas très enclins à nous fréquenter Pierre et moi, écrit Charles (p. 125). L'intérêt que nous portions aux jupons qui passaient choquait leur éducation boy-scout. nous étions quant à nous persuadés qu'ils étaient tous puceaux, mis à part Jean-Louis qui partageait le lit de la vedette.... Dès le départ, je me retrouvai en compagnie de Fred Mella, et une amitié commença à naître. Depuis ce jour, nous sommes restés les meilleurs amis du monde. Fred plaisait aux filles, mais il était très timide ; aussi, un soir, avec Pierre, nous décidâmes de le déniaiser en introduisant dans la chambre une charmante créature à qui il plaisait énormément... A notre retour, Fred avait le regard brillant, l'attitude conquérante du jeune homme sûr de lui qui vient de passer - avec succès - sa licence d'homme". Tu parles Charles !

    On notera au passage que Guy BOURGUIGNON, qui faisait partie de ces jeunes gens, était en 1947, déjà deux fois père de famille (1943 avec Jacques et 1944 avec Jean-Michel) et qu'il n'avait pas attendu que Charles entreprenne de le compromettre avec le concours d'un jupon de passage en prenant le risque de choquer sa mentalité de boy-scout. Quant à croire que Fred MELLA ait attendu d'avoir 23 ans pour le perdre...! Un ouvrage qui m'a néanmoins prodigieusement amusé à défaut de m'avoir appris des faits qu'on aura du mal à prendre au sérieux. Une lecture à privilégier en ces "temps d'après" où l'on se barbe souvent. Si vous ne l'avez pas lu, elle vous permettra aussi de découvrir un Charles AZNAVOUR un peu moins catégorique que celui qu'il était devenu !

    Louis PETRIAC  

    * Son véritable patronyme


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    Négations (tome 2) ou quand une tueuse est incarcérée...

    Négations (tome 2) ou quand une tueuse est incarcérée... 

     Il se passe décidément de drôles de choses à Bressoire où les derniers événements ont vu une prédatrice impliquée, la belle Irène. Une femme qui, entre deux pulsions, ne manque pas d'étonner par ses aptitudes de séductrice. Incarcérée, tout va s'accélérer au début du tome 2 de Négations...

    EXTRAITS : La lourde porte en acier peint refermée derrière lui, le fourgon cellulaire s'immobilisa dans la cour de la centrale et plusieurs gendarmes en descendirent, escortant celles qu'ils avaient mission de convoyer à leur lieu de détention. Une fois l'appel des nouvelles arrivantes effectué, les quatre détenues furent aussitôt conduites dans l'un des bâtiments faisant face à la grande cour d'arrivée de la centrale. Déjà menottées, il ne leur manquait plus que la tenue de couleur orange qu'on demandait à toutes les marginales de revêtir peu de temps après leur arrivée à Trévois. Douchées, recensées et en possession de leur paquetage remis à l'entrée, les quatre nouvelles y auraient droit comme toutes les autres détenues de l'endroit. Sans doute pour les repérer plus facilement si l'envie leur prenait un jour de vouloir se soustraire à l'administration de la centrale et à l'affection de celles qui étaient chargées de veiller étroitement sur elles.

    - Alors, c'est toi la nouvelle ? fit l'une des surveillantes en treillis bleu nuit, s'avançant dangereusement au devant de celle dont toute la presse n'arrêtait plus de parler depuis son arrestation, et que la centrale s'apprêtait à accueillir. Non sans une certaines effervescence et quelques "youyous" de la population maghrébine.

    Devant une stature impressionnante, Irène resta médusée. Pas tellement à cause du poids de l'intéressée qui devait bien avoisiner un bon quintal, s'il ne le dépassait pas. Mais plutôt à cause de ce qui tenait lieu de bras, chez l'intéressée des battoirs affreusement tatoués. Ce qui donnait du personnage une idée du goût discutable qui pouvait être le sien. Il y avait de l'avis de certains humoristes : "de la lecture pour les longues soirées d'hiver". En admettant que l'on puisse apprécier ce genre de prose ou la poésie qui s'en dégageait, voire la compagnie de telles énergumènes.

    NEGATIONS, tome 2, Louis PETRIAC, ISBN n° 978-2-918296-37-9           

     


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  • Voici un an sortait "la chienne" l'ouvrage anti-propagande nazieAu moment où se créait l'an passé au mois de septembre une structure avec davantage de moyens, succédant à un label libéral qui n'avait pas assez élargi la gamme de sa production, DECAL'AGE PRODUCTIONS EDITIONS sortait un premier ouvrage dont on a pas assez parlé. Alors qu'il aurait dû pousser les gens à s'interroger davantage sur l'héritage de la propagande des GOEBBELS ! D'autant qu'au même moment, FRANCE-TELEVISION diffusait un nouveau portrait tronqué de cette "Chienne du Troisième Reich" s'appuyant, une fois encore, sur des témoignages discutables. Ceux savamment mis au point par une propagande nazie efficace, soucieuse de faire de Magda GOEBBELS une "grande dame", alors qu'elle souffrait, selon nous, et après une enfance calamiteuse, des pires travers.

    Les nombreux articles que nous avons consacrés à la Frau Doktor Reichsminister GOEBBELS sont le fruit d'un long travail de prospection qui nous a confortés dans le fait que "la mère idéale du Troisième Reich" était une... perverse narcissique. Avec des traits parfaitement décrits par le docteur Marie-France HIRIGOYEN dans un ouvrage traitant du harcèlement moral. Il ne nous reste plus qu'à souhaiter que d'autres recherches aboutissent et, après les investigations opérées par le journaliste et écrivain Oliver HILMES voici quelques mois, tout porte à croire que ce sera bientôt le cas.

    MAGDA, LA CHIENNE DU TROISIEME REICH, Louis PETRIAC, ISBN n° 978-2- 918296-43-0


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  • Où commence la déraison et où finit-elle ? Extraits d'un journal de voyage...

    Hôpital de Maison-Blanche, Neuilly-sur-Marne, 1988... Un vulgaire casernement !

     

    Où commence la déraison et où finit-elle ? Extraits d'un journal...Dans son ouvrage reportage (ci-contre), notre auteur s'était posé une grande quantité de questions sur cet étrange havre qui l'avait accueilli trois mois durant pour soigner une dépression. Il avait tellement été choqué d'être accueilli de la sorte et que l'on ait pu accueillir des malades avec une telle brutalité, quasiment à la fin du XXème siècle !... Il n'imaginait pas encore que ce pied de nez du destin allait faire de lui un chroniqueur et que son existence basculerait à la sortie de cette expérience pour le moins étonnante en lui ouvrant les portes du domaine de la communication ! Avec la complicité inattendue de certains de ses soignants ! 

    VOYAGE AU PAYS DE LA DERAISON (extraits d'un journal)... « Tout avait été tellement vite, si vite que j’avais l’impression d’être comme avalé par le temps. Pourtant, manquant d’énergie, j’étais bien incapable de chiffrer, d’élaborer ou de quantifier encore quoi que ce soit. Privé de mes lunettes de myope, je ne pouvais toujours pas procéder à un examen attentif de tout ce qui m’entourait. Je devais donc demeurer dans le flou le plus complet, déjà abruti par toute une quantité de médications et de potions anonymes que l’on m’imposait. Et cela sans même que je sache à quoi elles servaient, si elles étaient destinées à calmer mes appréhensions ou à faire de moi le prototype d’une nouvelle variété de plantigrades.

    Face aux émotions difficilement maîtrisables, et bien qu’hyper-tranquillisé, j’avais pourtant le sentiment d’être confronté à une situation difficile. Cela voulait-il dire que leur sacro-sainte pharmacie ne servait à rien ? Sûrement. Lorsque c’était le cas, ma bouche devenait sèche au point que j’avais même une réelle difficulté à articuler parfois quoi que ce soit et à parler. Qui aurait bien pu reconnaître celui que j’étais devenu après les quelques jours que je venais de passer dans ce trou à rats ? Hagard, privé de rasoir, la barbe me mangeait le visage ; les ongles longs, les traits tirés, amaigri, je venais de perdre huit kilos… Cette épreuve était tellement difficile à vivre que j’aurais tout donné pour être ailleurs. Je m’en voulais même de m’être raté, de n’avoir pas su ingurgiter les bonne doses, celles qui tranquillisent une fois pour toutes. Au point que le fait d’entendre taper, gratter, vociférer, tempêter et d’être confronté autour de moi à un monde particulier avait de quoi aviver mes regrets. Privé de lecture et de la possibilité de rester connecté au seul monde dont je me souvenais et à la vision de clichés plus conformes à ce que j’avais vécu jusqu’ici, mon mental se mit à flancher. C’est l’écriture qui empêcha le légume en devenir que j’étais, de perdre complètement pied. J’avais entrepris de prendre en note tout ce que je ressentais : mes impressions, les situations auxquelles j’étais régulièrement confronté, ce que je vivais quotidiennement, tout. Bref, je tenais un véritable journal à l’aide d’un stylo que j’avais dérobé à une soignante. J’étais cependant loin d’imaginer à ce moment-là que je venais de commencer à jeter les premières lignes d’un écrit et que ces points de repère me seraient un jour d’une quelconque utilité. J’imaginais encore moins qu’elles me donneraient l’envie permanente d’écrire et que j’en ferai un jour un métier, mon nouveau métier tout en trouvant auprès des autres la complicité dont j’avais le plus besoin, faute d’être parvenu à communiquer normalement avec mes proches. Sortir de cette incommunicabilité me semblait être tellement important que je brûlais de tout dire et d’auto-analyser ce que je ressentais. L’avalanche de médications de toutes sortes auxquelles on m’avait abonné sans même me demander mon avis ne facilita pas la collecte des quelques notes que j’avais rédigées les tout premiers jours dans le but de consigner ce que je vivais... Il avait donc suffi de quelques jours pour me transformer, moi aussi, en un drôle de coucou, vivant au-dessus d’un nid assez particulier. Et si je ne m’étais pas cramponné bec et ongles à mon nouveau projet salvateur d’écriture, si je n’avais pas cherché à me raccrocher à quelque chose de tangible à ce moment-là, je me demande ce qu’il serait advenu de moi ! ».

    VOYAGE AU PAYS DE LA DERAISON, Louis PETRIAC, ISBN n° 978-2-95241-17-07


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  • Compagnons de France

    Combien de fois des erreurs ont-elles été relevées à propos du passé lyonnais des COMPAGNONS DE LA CHANSON et de leur formation chez Louis LIEBARD (En photo ci-dessous) ? Comme si les médias avaient eu la flème de passer soigneusement en revue les différentes données évoquant PETAIN et les COMPAGNONS DE FRANCE. Il est pourtant extrêmement intéressant de revenir sur le détail de ces différentes composantes dont étaient issus les protégés de la grande PIAF d'autant que les quelques documents que nous avons pu retrouver en vue de la publication de l'ouvrage sur les COMPAGNONS DE LA MUSIQUE méritent que l'on s'y attarde. Nous rappellerons également que la formation dispensée à tous ces COMPAGNONS était dispensée à 800 mètres environ d'un sinistre QG, celui du SS Klaus BARBIE et qu'en 1942 la chasse aux juifs avait pris une tournure dramatique à Lyon comme dans d'autres grandes concentrations urbaines.

    C'est en août 1940, deux mois après la signature d'une armistice discutable signée dans la clairière de Rethondes, dont beaucoup préfèrent encore ne pas se souvenir, que sont nés les COMPAGNONS DE FRANCE. Fondés par Henry DHAVERNAS, un inspecteur des Finances ancien commissaire national des Scouts de France, ils avaient été créés pour encadrer la jeunesse et redonner à ceux coupés de tout lien familial le goût du travail et d'un patriotisme parfois même exacerbé. La propagande pétainiste s'était en effet emparée de ces thèmes pour mettre l'accent sur l'importance de la famille, de la jeunesse, de la paysannerie et de l'artisanat. La création de chantiers de jeunesse comme JEUNESSE ET MONTAGNE, dont feront partie Jean-Louis JAUBERT et Guy BOURGUIGNON en 1941, s'en inspirent. On semblait alors décidé à aider tous ceux qui étaient porteurs d'idées généreuses allant dans ce sens et le gouvernement de Vichy était prêt en ces temps de désespérance et de disette gagnant la France toute entière, à leur attribuer des subventions importantes. Certes, prendre part à la reconstruction du pays supposait aussi que l'on puisse s'appuyer sur une main d'œuvre capable de suppléer ceux qui étaient partis au front ou qui avaient été capturés. Profondément attaché aux valeurs communautaires, il avait été prévu que le mouvement puisse fonctionner sur un mode militaire, ce qui explique d'autant la tenue choisie. En témoignent le port d'une insigne, de ce béret distinctif et d'un uniforme dont s'inspirera Louis LIEBARD pour créer, de son côté, le groupe d'expression musicale des ces COMPAGNONS DE FRANCE. Un groupe qu'il avait décidé de baptiser du nom de : COMPAGNONS DE LA MUSIQUE, aidé par des gens comme DHAVERNAS et CRUIZAT, issus tout comme lui de la mouvance scoute.     

    Comportant plusieurs branches, il n'est donc pas étonnant que les COMPAGNONS DE FRANCE aient rapidement pu revendiquer 30 000 membres. Ce qui sera le cas au début de l'année 1943 malgré les oppositions qui divisaient leurs rangs. Après l'éviction de DHAVERNAS, c’est un ancien de l’école de guerre, le commandant Guillaume de TOURNEMIRE qui lui succédera. Remarqué par son indépendance d'esprit et son manque d’allégeance aux Allemands, partisan affiché du général GIRAUD, il restera néanmoins, et par obligation, fidèle au maréchal PETAIN jusqu'en novembre 1942 et l’invasion de la zone non occupée par les Allemands. La montée en puissance des théories prônées par LAVAL et la création du STO en France (fév. 1943) ayant contribué à jeter la discorde dans les rangs des COMPAGNONS DE FRANCE, il est admis que des récalcitrants au STO et plusieurs Juifs aient pu un temps s'y abriter. Tandis qu'un certain nombre d’entre eux passaient ensuite dans les rangs de la Résistance. Il est donc facile d'imaginer ce qui a pu se passer dans l'esprit de LIEBARD au printemps 1943 quand il s'est agi de préserver l'outil qu'il venait de créer à Lyon avec ses COMPAGNONS DE LA MUSIQUE. A plus forte raison après la décision de LAVAL de suspendre le versement des aides gouvernementales qui lui étaient allouées depuis l'automne 1941. Après que des descentes ont été opérées par la Milice et les services d’ordre légionnaire à partir du début de l’année 1944 pour opérer différents contrôles, on avait peur. A Lyon comme dans beaucoup d'autres endroits. On comprend donc d'autant mieux que Louis JACOB pas encore devenu Jean-Louis JAUBERT et Marc HOLTZ pas encore devenu Marc HERRAND aient choisi à cette époque de changer de patronyme pour éviter de se faire arrêter. L'un, pour être de confession juive, et l'autre, pour s'être enfui d'Alsace et avoir déserté les rangs des Jeunesses Hitlériennes avec pour seul trophée un poignard nazi enlevé à l'adversaire.

    Au vu de ces quelques éléments, il n'est donc pas exact d'assimiler les COMPAGNONS DE LA CHANSON à d'anciens... COMPAGNONS DE FRANCE et encore moins de prétendre comme cela l'a été dans certains documents, dont une brochure commerciale exploitée à compter de 1950, que la structure des COMPAGNONS DE LA MUSIQUE de LIEBARD a pu être dissoute en 1943. Alors qu'il n'en n'était rien, les seuls COMPAGNONS DE FRANCE ayant été touchés par cette dissolution.

    ILS ETAIENT COMPAGNONS DE LA MUSIQUE, Jean-J. BLANC, ISBN n° 978-2-918296-32-4


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  • Petites âmes de Suzanne Charvet... La postface de Brigitte Bardot  Petites âmes de Suzanne Charvet... La postface de Brigitte Bardot

    Petites âmes de Suzanne Charvet... La postface de Brigitte Bardot Dans un magnifique recueil de poésies conçu en hommage à tous ses petits complices à quatre pattes : Petites âmes, la poétesse créole Suzanne CHARVET (en médaillon) avait voulu évoquer ses coups de coeur pour tous les petits réfugiés avec lesquels elle partageait son quotidien. C'était en 2006 et ce recueil avait permis à notre label DECAL'AGE PRODUCTIONS de voir le jour. D'abord sous une forme libérale en prolongement de l'activité d'un atelier d'écrivain public, avant de devenir ce qu'il est devenu ces derniers mois, celui d'une société du même nom dont l'objectif est aujourd'hui d'élargir sensiblement ses prérogatives et ses domaines d'intervention. Supportrice d'un label qu'elle avait contribué à créer, Suzanne CHARVET, polyglotte, nous quittera cependant deux ans plus tard en septembre 2008 et son regard acéré fera longtemps cruellement défaut à notre label.

    Faute de référencement suffisant, son recueil de poésies n'avait obtenu fin 2006 au moment de sa sortie qu'un succès discret mais il s'écoule toujours. Il reste aussi, aujourd'hui encore, le témoignage d'un échange avec l'ancienne actrice Brigitte BARDOT dont chacun sait quel est le rôle au sein de sa fondation de défense animale. Un échange qui vaudra à Suzanne CHARVET ce petit billet de Brigitte (ci-contre) enthousiasmée par le travail intemporel d'hommage à ces Petites âmes qu'elle avait bien voulu produire sous notre label.


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  • Jean-Louis et Guy à Jeun. et Montagne 01

    1941... Guy Bourguignon et Louis Jacob, une longue histoireAvant de rejoindre les rangs des COMPAGNONS DE LA MUSIQUE de Louis LIEBARD à Lyon, Louis JACOB, pas encore devenu l'un des fiancés de la grande PIAF et le Jean-Louis JAUBERT, futur Compagnon de la Chanson que l'on a connu quarante ans durant, avait déjà rencontré Guy BOURGUIGNON (en photo ci-contre). C'était dans la Chartreuse, en juin 1941 au sein de l'un de ces Chantiers de jeunesse mis en place par le gouvernement de la collaboration avec les nazis. Dans un numéro sorti en juin 2013, peu après le décès de Jean-Louis JAUBERT, la publication de JEUNESSE ET MONTAGNE, du nom de ce Chantier de jeunesse de l'époque, rendait hommage à l'un de leurs anciens condisciples : Louis JACOB. Un document qui revient dans le détail sur l'animation que les deux jeunes gens avaient proposé à leurs jeunes copains d'alors. Il donne une idée de la créativité précoce de ces deux hommes et du lien qui a longtemps continué à les unir à leurs camarades de camp de travail. C'est grâce à l'ouvrage consacré au Périgourdin Guy BOURGUIGNON publié fin 2013 que notre auteur avait pu échanger avec ces anciens de JEUNESSE et MONTAGNE et qu'il avait pu recevoir un exemplaire de leur hommage au disparu.

    On notera aussi, mais seulement pour l'histoire, qu'il n'y avait aucun lien de parenté entre les parents de Louis JACOB alias JAUBERT et ceux de Simone VEIL née JACOB, notre ancienne Ministre de la Santé.

    Pour avoir accès au fichier PDF réalisé et un meilleur confort de lecture, vous pourrez cliquer sur le lien précédent !


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  • A propos de la perversion narcissique...

    Que s'est-il donc passé au sein de notre société pour que, soudain, ce qui était encore considéré comme un trait de caractère voire une tare mineure, ait pris une telle importance au cours des toutes dernières années ? Au point d'inciter certains psychologues et psychothérapeutes à mettre en place de véritables alertes et à produire avec d'anciennes victimes une quantité impressionnante d'ouvrages ? En se référant parfois au vécu de monstres qui avaient jalonné l'histoire !

    Serait-ce la répétition à l'envi d'une maltraitance de certains jeunes enfants lesquels, castrés ou maltraités par leurs parents, se seraient mis à leur tour à devenir des prédateurs ? Ou la conséquence d'un dérèglement de nos cellules familiales où le changement d'un état d'esprit aurait fini par être nuisible ? En tout cas, ce qui est clair, c'est que la perversion narcissique, qui était encore voici une vingtaine d'années considérée comme une pathologie sans symptômes, est aujourd'hui presque sur le point de devenir une qualité si l'on en juge le nombre de sociétés qui font appel à ces machines à tuer... Nous venons d'ailleurs sur notre site CERTITUDES de consacrer un article à l'un de ces sociopathes d'entreprises qui se targuait devant les caméras de France-Télévision d'avoir "broyé" un millier de salariés au sein des entreprises où il était passé durant vingt-deux ans !

    Voici quelques mois, Frédéric LOPEZ, également sur FRANCE-TELEVISION, consacrait l'une de ses émissions à ce "fléau", recevant d'anciennes victimes qui avaient été abusées dans la sphère privée par trois de ces pervers narcissiques.


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  • Nous aussi, nous avons bien des certitudes !Au printemps 2017, quand il s'est agi d'élargir un peu notre collecte d'informations et donc, aussi, ce qui pouvait donner lieu à publication, nous sommes nous lancés vers la création d'un espace où pourraient être développées certaines de ces informations. Tant dans le domaine du fait divers que dans celui de l'histoire et d'un passé trouble où, à l'évidence, notre pays a failli, très précisément durant la période 1939-1945.

    Après une année de rodage, cet espace a aujourd'hui pris son envol puisque deux à trois fois par semaine CERTITUDES publie un article. Avec, parfois, un prolongement proposé vers les sites sociaux avec lesquels nous communiquons (Twitter et Facebook). Si vous nous suivez, vous aurez ainsi pu découvrir des articles sur des personnalités parfois décriées et ayant fait la une de l'actualité ou d'autres faits d'actualité, articles très souvent complétés par un film, un reportage ou un extrait vidéo.

    Ainsi :

    Viols d'enfants : Myriam Badaoui, la menteuse pathologique d'Outreau

    Les suicides de Wildenhagen

    Jacques Bonsergent, le patriote éploré

    La révolte du ghetto de Varsovie

    Pierre Laval, le souteneur de la collaboration avec les nazis

     

    Si vous avez raté ces articles, nous vous proposons de les revoir ou de les découvrir.


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  • Août 1944... Le maquisard trélissacois était salement amoché !

    Août 1944... Le maquisard trélissacois était salement amoché !Il le confesse dans l'ouvrage de mémoires qu'il a conçu, le 24 août 1944, après avoir participé avec quelques autres à la libération de son cher Périgueux, et alors qu'il se dirigeait avec l'un des groupes d'Angelo Ricco vers une ville d'Angoulême encore occupée par les troupes allemandes, il sera salement amoché. Aux carrières Sainte-Catherine, sur la route des Charentes, un obus allemand aura raison de l'un de ses bras, au point que l'on craindra longtemps le pire, malgré un garrot de fortune réalisé avec un bout de toile de parachute afin de stopper l'hémorragie d'une artère. Aussitôt évacué vers une annexe de l'hôpital de Périgueux installée provisoirement rue du Président Wilson, on le croira même mort et il échappera de peu à la morgue où il se réveillera quelques heures plus tard, conscient que son heure n'était pas encore arrivée.

    Quelle magnifique leçon d'espoir et de vie aura pu donner ce jeune combattant de vingt ans qui, durant deux ans avait participé à nombre de grandes opérations en Périgord ! Robert SUDEY, revient dans Ma guerre à moi sur ces journées décisives sonnant le début de libération d'un pays trop longtemps sous le joug des nazis qui avaient reçu le renfort de la triste Waffen SS montée du sud du pays et en route pour la Normandie, auteure de massacres de civils sans précédent.

    « Beaucoup de résistants en Périgord ne seraient pas restés entiers, assure-t-il, s'ils n'avaient pas la chance, comme moi, de croiser sur leur chemin, le Professeur Fontaine. D'abord affecté à l'Hôpital de Périgueux, il intégrera ensuite le centre de Clairvivre en qualité de médecin-chef. Cet éminent spécialiste était, à l'époque, devenu le chirurgien de la Résistance, opérant souvent dans des conditions relevant de l'exploit. Parfois en toute discrétion car il s'agissait de ne pas se faire pincer ». C'est d'ailleurs grâce à une opération miraculeuse que le jeune SUDEY parviendra à conserver un bras, certes atrophié, mais entier.

    MA GUERRE A MOI... RESISTANT ET MAQUISARD EN PERIGORD, ISBN n° 978-2-918296-23-2


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