• Notre atelier d'éditeur est en cours de rénovation...

    Maison Goudeau Périgueux

    Un article avait été consacré l'an passé par l'ESPRIT PERIGORD à notre belle demeure du 6 de la place du Général Leclerc à Périgueux qui continue de traverser les ans. Avec parfois quelques trous d'air, car les possédants qui se sont succédé ne se sont jamais préoccupés d'y réaliser la moindre rénovation de façade ni le moindre entretien ! Comme aurait dit Fernand RAYNAUD dans les années soixante-dix : "Ca eut payé, mais ça paye plus !". Encore qu'après plus de deux années de bagarre épique (le terme n'est pas trop fort), nous ayons réussi à obtenir du gestionnaire de l'immeuble, pas pressé du tout, des travaux de rénovation interne. Après un épouvantable dégât des eaux survenu à l'été 2013 ! Des travaux qu'il aura fallu cependant vraiment pousser pour arriver à n'obtenir finalement qu'une pâle copie de ce qui aurait dû être exécuté.

    C'est donc dans un endroit un peu plus agréable que devrait pouvoir se poursuivre notre activité d'éditeur et de conception d'ouvrages. Au moment où sort le second ouvrage  de Claude FISCHER, le magnétiseur de Montpon.   

     

    Mais revenons à cet article de l'ESPRIT PERIGORD...   

    Périgueux, près du Palais de Justice, écrivait Pascal SERRE dans cet article, la maison d’Émile Goudeau, offre une surprenante façade encore richement décorée. Fils de Germain Goudeau, architecte, sculpteur et franc-maçon, Émile Goudeau, romancier et poète, est connu pour avoir animé le célèbre cabaret du Chat noir sur la butte Montmartre, fondé le club des hydropathes. A l’ombre de l’imposant Palais de Justice du à l’architecte Louis Catoire, sur sa rive droite en entrant chez Thémis, en fait sur une place qui ressemble davantage à une rue, au numéro 6, en relevant un tantinet la tête on peut apprécier une belle quoique souffreteuse façade. Le centre d'amincissement de Laurence Gay et Louis Petriac qui, tous deux, ont élus domicile en ces lieux, ne s’habituent pas totalement, et c'est tant mieux, à cette demeure à l’histoire discrète mais bien réelle.  

    Nous sommes en 1849 poursuit le journaliste. Émile Goudeau naît. Ce fils d’architecte qui possède aussi quelques dons pour la sculpture, franc-maçon aussi, décide de construire une maison au 6 rue du Palais. L’avenir se dessine ici, dans ce quartier en pleine rénovation. La façade sera élégante, prestigieuse et évocatrice du talent de Germain Goudeau qui vient d’acquérir la parcelle. L’homme est un homme connu, reconnu et figure en bonne place dans la bourgeoisie locale. Il réalisera de nombreuses sculptures dont celles de la façade du Centre Culturel de la Visitation et la statue du couvent Sainte-Marthe, rue de la Cité. Pour Guy Penaud, historien de Périgueux « Cette maison, malgré la disparition des balustres des fenêtres et du runes du faîtage conserve des décorations frontales de style néo-renaissance qui sont les œuvres de Germain Goudeau qui la construisit en 1850 et l’habita jusqu’en 1857 ». Un style qui tranche avec celui néo-grec du Palais de justice. Devons-nous voir là une sympathique et artistique provocation ? Martine Balout, animatrice du Patrimoine à la Ville de Périgueux explique : « Au centre de la façade on peut voir la tête d’une femme sculptée qui pourrait représenter celle de la mère de Léon Bloy, écrivain célèbre, tandis que deux têtes masculines identiques sont posées en symétrie de chaque côté… » Ce pourrait être le portrait de Germain Goudeau.

    C’est dans cette demeure bien placée que Germain Goudeau installe ses ateliers de sculpture. Eugène Massoubre, rédacteur en chef de l’Echo de Vésone se fend, à l’époque, d’un article élogieux sur le sculpteur à l’occasion d’une statue de la Vierge destinée au château de Hautefort. Germain Goudeau apparaît dans les calendriers de la Dordogne de 1853 à 1859 comme « entrepreneur de bâtiment ». On lui devrait quelques monuments dans les cimetières de Périgueux. D’ailleurs, à partir de 1860, sa veuve qui a repris l’entreprise est donnée comme « entrepreneur de monuments funéraires ». Germain Goudeau, en 1857, criblé de dettes, est contraint de vendre sa maison et s’installe au 29 de la rue Victor Hugo. Atteint d’un cancer et toujours poursuivi par ses créanciers il doit la revendre à son beau-père deux moins avant de décéder, le 5 décembre 1858. Son épouse, sans ressources, poursuivit un temps l’activité dans ce qui est aujourd’hui la rue Louis-Blanc avant de se retirer à Nantes. Emile Goudeau, quant à lui, après des études au séminaire de Bergerac où il entra à la disparition de son père devint enseignant puis journaliste. Avec sa barbe noire et son fort accent périgourdin il « monte » à Paris en 1873. Il sera fonctionnaire au Ministère des Finances, peut être, déjà, grâce à autre Périgourdin, Louis Magne, un temps ministre des finances. Mais la notoriété de Émile Goudeau est due essentiellement à ses activités de romancier et poète. En 1878, avec l’appui de Anatole France il publie son premier recueil : Fleurs de bitume. Baudelairien de cœur et d’esprit, ami du caricaturiste Périgourdin Georges Goursat dit Sem, Émile Goudeau sera un des fondateurs du célèbre cabaret de la Butte Montmartre, le Chat noir et du Cercle des Hydropathes. Entre 1878 et 1900 il écrivit pas moins de 13 romans ou nouvelles. Célèbre pour ses mystifications, il confia à la maison Borniol son propre enterrement qui se déroula, en 1906, dans Le Chat noir transformé en chapelle ardente. Il ne revint jamais à Périgueux.

    Au début du XXème siècle la maison dite de Émile Goudeau devint le siège de la chambre des notaires de la Dordogne avant d’être cédé à un particulier. Dans les années soixante-dix, à l’arrière, le jardinet traversé, dans les anciens ateliers de sculpture, s’était installé un commerçant en livres anciens, timbres et autres antiquités. Puis un cabinet d'avocats. En fait, la maison n’a abrité que les premiers pas d’enfant d’Émile Goudeau lequel, dans son œuvre Dix ans de bohême, ouvrage en partie autobiographique, fait finalement fort peu référence à la demeure familiale. Il semble même avoir préféré oublier ce qui pouvait apparaître, à l’époque, comme malvenu, la situation de son père. Aujourd’hui la veine littéraire coule de façon magique dans les vieilles pierres au travers de la maison d’édition tenue par Louis Pétriac dont la personnalité et le mode de vie n’auraient point déplus à Émile Goudeau.

     

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