• Pris en otages, pourquoi auraient-ils dû avoir honte à leur retour du STO ?

    Pris en otages, pourquoi auraient-ils dû avoir honte à leur retour ?

    Un témoignage fort que celui de Jean Rodon !Longtemps, on a considéré tous ces jeunes gens embrigadés de force pour le STO de triste mémoire comme des "vendus", voire des "collabos", sans seulement se demander ce qui les avaient poussés à partir ? Mais, dès février 1943, partir, en avaient-ils tous eu envie ces 600 000 jeunes Français condamnés à travailler pour l'Allemagne nazie ? Pas sûr si l'on prend conscience des propos d'une très grande majorité d'entre eux en visionnant un reportage, assez bien fait, que RMC DECOUVERTE diffusait encore en début d'année. En revanche, ce qui est l'évidence même, c'est que dès la mise en route de ce projet nazi émanant d'un certain Fritz SAUCKEL, le négrier nazi de l'Europe, et comme le montre ce reportage, l'administration française a très vite montré toute son efficacité.

    Né le 22 février 1923, Jean RODON, l'auteur d'un ouvrage que nous venons de publier, n'aurait même pas dû partir en février 1943 dès les premières réquisitions effectuées qui ne concernaient que les jeunes gens nés en 1920, 1921 et avant le 31 déc. 1922. A sept semaines près donc ! Ce qui montre quelle a été la précipitation observée et, sans doute aussi, quelle aura été la peur qui habitait le jeune homme de voir ses parents communistes contraints de répondre à leur tour à une sanction s'il s'était abrité sur le seul texte de loi régissant la création du STO. Beaucoup d'autres jeunes gens essaieront de ne pas partir mais, pour les réfractaires, peu de possibilités d'échapper à cet embrigadement existaient. Les premiers maquis en étaient encore à leur balbutiement et parvenir à s'y faire admettre demandait beaucoup d'efforts. Pire, à leur retour, alors qu'ils avaient été privés de liberté, parfois un peu plus de deux ans, il leur faudra quelquefois affronter le mépris de ceux qui les considéraient comme des "vendus" aux nazis. La liberté, dira l'un d'entre eux, pour en parler, il faut l'avoir perdue !

    Un ouvrage poignant que ce Journal d'un adolescent revenant sur l'un des points encore bien obscurs de ce qu'aura été cette collaboration sous le régime pétainiste ! Et de la différence qu'il convenait de faire entre requis et volontaires ! D'autant que les hommes réquisitionnés par le STO n'ont jamais été considérés juridiquement comme des déportés, ni même comme des prisonniers de guerre. A leur retour, suspectés, ils devront donc démontrer qu'ils ont bien été pris en otage par la machine de guerre nazie ! Effroyable ! 

    JOURNAL D'UN ADOLESCENT FACE A LA GUERRE, Jean RODON, ISBN 978-2-918296-46-1 

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