• Un témoignage fort que celui de Jean Rodon !

    Un témoignage fort que celui de Jean Rodon !

    Quand je parlais de témoignage fort le 20 décembre dernier au moment où nous commencions à écouler ce Journal d'un adolescent face à la guerre de Jean RODON, je crois que j'étais dans le vrai ! Les nombreuses pages consacrées aux rencontres de cet ancien militant syndical pendant cette horrible guerre, même au pays nazi, le démontrent. Tant celles lui ayant valu de ramasser des dérouillées mémorables face à des nazis survoltés et amers subissant leurs premiers revers, que celles qui auront mis sur son chemin des jeunes Allemandes comme cette infirmière qui acceptera de le soigner sans rechigner, malgré son statut d'ennemi du Reich, alors qu'il était atteint de diphtérie !

    Il aurait été regrettable que cet ouvrage témoignage de quelques 252 pages proposé à 21 euros ne voie jamais le jour, car il aide à comprendre ce qu'aura été le cheminement de tous ces jeunes gens de vingt ans qui, par la faute d'un gouvernement de collaboration, se sont trouvés embarqués dès février 1943 dans ce partenariat forcé sans même qu'on leur ait demandé leur avis. D'autant que certains n'en reviendront pas !

    EXTRAITS : J’avais sympathisé avec une jeune infirmière stagiaire qui m’avait même soigné avec beaucoup de gentillesse. A chaque fois qu’elle avait un peu de temps de libre, elle venait parler avec moi et je lui avais promis, si j’en avais la possibilité, de venir la voir plus tard. Le jour de mon départ, elle vint m’accompagner jusqu’à la sortie du service en prenant malgré tout quelques précautions, car nous n’étions tout de même pas au paradis dans cet hôpital, et elle aurait pu être sévèrement recadrée... Vivant à l’époque de tous les dangers, cela n’était peut-être qu’une imprudence de plus, mais je ne pouvais pas laisser passer l’occasion d’un instant agréable le plus bref soit-il avec quelqu’un qui avait fait preuve d’humanité à mon égard. 

    Arrivé en début d’après-midi, je m’étais posté à proximité de l’entrée de l’hôpital où nous nous étions quittés quelques jours plus tôt. Ce jour de visite fut un atout et me rassura, car je m’étais trouvé moins isolé en étant parmi les autres, même sans être à l’abri d’un contrôle de police. En tenue d’infirmière, et sans une coiffe qu’elle avait dû ôter par coquetterie féminine, elle me rejoignit discrètement, m’apparaissant beaucoup plus jolie avec ses cheveux bruns. Bien que sachant cette rencontre sans lendemain, les battements de mon cœur trahirent mon émotion. Après nous être serrés la main comme des amis, nous commençâmes à engager une conversation plutôt chaotique malgré des moyens très limités de part et d’autre, les gestes remplaçant souvent les paroles et une langue commune que nous ne maîtrisions, ni l’un ni l’autre. Son comportement à mon égard commença à changer lorsqu’elle comprit que j’étais Parisien, semblant soudain porter sur moi un regard différent. Elle devint même beaucoup plus volubile et souriante, répétant à plusieurs reprises Paris-Paris. Comme si l’attirance qu’exerçait notre capitale sur les étrangers et même chez les Allemands ralliés au nazisme avait été évidente. Mais je l’avais déjà constaté ici, dès que le mot Paris ou Parisien était prononcé, on sentait un changement de comportement, presque sympathique, se produire...

    Louis PETRIAC

     

    JOURNAL D'UN ADOLESCENT FACE A LA GUERRE, Jean RODON, ISBN 978-2-918296-46-1 

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