• 1941 : Marc Herrand et sa fuite vers la liberté...

    Marc Herrand, années 75

    Il est facile d’imaginer ce que pouvait être l’univers d’un adolescent, soudain obligé de renier une partie de sa culture au contact de l’occupant. Devenue partie intégrale du Reich allemand, il n’était plus question en 1940 d’histoire de France ni de parler en Alsace une autre langue que l’allemand. Avec ce que sous-tendait une telle obligation et, parfois, un enrôlement dans les Jeunesses Hitlériennes, il y avait là un véritable terreau propre à servir à une révolte qui en animait déjà quelques-uns. Surtout après qu’on ait contraint les Strasbourgeois à brûler sur la place Kléber tous les livres en français et à s’enrôler sous d’autres bannières que celles qui étaient les leurs. Voire à ne plus oser porter le traditionnel béret auquel les Allemands étaient hostiles et qu’ils s’étaient mis en tête de réprimer en les foulant même au pied lorsqu’ils croisaient des individus qui en étaient affublés. Alors que, paradoxalement, ils tolèreront un peu plus tard le béret des miliciens de Darnand. Dès qu’il en aura la possibilité, Marc HERRAND se dépêchera d’ailleurs de se défaire de son poignard des Jeunesses Hitlériennes, symbole parmi les symboles, qu’il honnissait et qu’il remettra à l’un de ceux qui l’avaient aidé dans son entreprise de fuite vers la liberté.      

    Il le reconnaît, tout cela a favorisé un sentiment de patriotisme viscéral et l’a conduit à s’opposer au diktat des nouveaux maîtres de l’Alsace, puis à projeter de fuir d’une région où l’on s’évertuait à contrarier toute expression d’origine alsacienne. Cela a également joué un rôle quand, un peu plus tard, il s’est agi de trouver un nom d’artiste propre à gommer de son patronyme toute influence germanique. En fuyant, malgré une relative naïveté et ce qu’il avouait être de l’inconscience, il était déjà convaincu que le sort favoriserait son entreprise s’il osait. Ce qui lui fut difficile car les Allemands contrôlaient déjà un grand nombre de régions.   

    Pour mieux résister, Marc HERRAND s’était, dira-t-il, forgé une sorte d’espace personnel, où il se plaisait à s’abriter quand la situation le commandait, comme pour trouver un espace de méditation. Sans jamais s’ouvrir de ses intentions de fuite à son père qui devra signaler sa disparition aux autorités allemandes soixante-douze heures plus tard, n’était-ce pas aussi, en des temps de conflit armé, une façon de se tourner vers un avenir trouble avec une sorte d’aplomb en ne comptant que sur soi ? Sans doute. Mais, qu’aurait fait le père de Marc s’il lui avait confié quel était son désir de fuite ? Et ce désir, l’aurait-il seulement compris ?

    Dans un nouvel ouvrage qui verra le jour l'été prochain, Louis PETRIAC rend hommage à un homme auquel la Chanson française doit beaucoup : l'Alsacien Marc HERRAND, l'un des deux auteurs des Trois cloches qu'il chantera avec Edith PIAF entre 1946 et 1948. Un portrait que vous pouvez d'ores et déjà réserver à l'aide du bon de commande

     

    MARC HERRAND, un inoubliable grand Monsieur de la Chanson française, 22 euros.

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