• Droit de réponse d'un ancien écrivain public...

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    Faut-il un jour disparaître pour enfin mériter quelques lignes dans la presse locale ?

    A la lecture d'un article publié par le quotidien Sud-Ouest le 10 décembre dernier, je serai en droit de me poser la question. Effectivement et je ne le nie pas, souvent moqué jadis pour mes initiatives dans les premiers papiers que la presse consacrait à mon très modeste atelier de la rue Sébastopol, je me suis un jour résolu à tourner la page et à faire autre chose de mes longues journées. C'était, je le confirme ici, en 2007, après dix-sept longues années passées à tenter de proposer un concept d'écrivain public après une difficile et coûteuse installation en centre ville à Périgueux. Entre les appétits déraisonnables d'une caisse de retraite qui me prenait de 40 à 60% des honoraires péniblement encaissés, la désinvolture de beaucoup trop de ceux qui fréquentaient mon modeste atelier et un propriétaire qui ne me ménageait guère, il m'a fallu un jour choisir. Devais-je tout aliéner à un métier qui, jusqu'à mon passage dans l'émission d'un certain Jean-Luc DELARUE m'avait, je le reconnais aussi, beaucoup apporté ? Ou devais-je prévoir autre chose et tenter de redémarrer en créant un nouveau concept ? Puisque je n'avais pas de bouches à nourrir à la maison ni d'études à payer à des enfants, il ne fallait pas hésiter. Et puis, le vocable : écrivain public, ne donnait-il pas, à lui seul, une idée déformée de ce qu'était la profession que j'avais choisie en introduisant dans la débat le vocable public donnant de ce fait une idée de gratuité ? Beaucoup en étaient convaincus qui pensaient souvent que mes prestations étaient gratuites ou qu'ils allaient être pris en charge sans bourse délier en me demandant d'intervenir.

    Finalement, j'ai choisi de sortir des CV et autres lettres de motivation péniblement proposés à moins d'une trentaine d'euros ou de démarches facturées, souvent moins de vingt-cinq euros l'heure que l'on me réglait parfois à 45 ou 60 jours. Comme le rapporte le journaliste de Sud-Ouest, que je remercie tout de même au passage de son papier, il est vrai que les lettres de demande d'emploi ou les CV, on n'en a plus besoin. A l'heure du copié-collé, je confirme. La toile donne à cet égard un regard sur ce qu'il convient de faire et d'éviter lorsqu'on s'adresse à une société susceptible de pouvoir embaucher. Dans une société où se battre pour survivre suppose aussi de produire un certain nombre de demandes circonstanciées à peu près correctement rédigées et susceptibles d'être montrées à un tribunal (de proximité ou d'instance), il resterait bien aux côtés de quelques lettres d'humeur ou de révolte contenue de quoi arrondir la pension de retraite de quelques irréductibles, mais aucunement de quoi rémunérer une profession libérale. Même en vivant chichement. Et encore moins quelqu'un qui aurait prévu de suivre un cursus de formation coûteux sur trois ans pour avoir une quelconque reconnaissance. Surtout à l'heure d'Internet où, pour s'imposer, on se doit surtout de gérer une stratégie d'image susceptible d'émouvoir. De toutes ces tribulations a été tiré un document : AU-DELA DE LA PASSION OU ETRE ECRIVAIN PUBLIC AUJOURD'HUI que j'ai publié sous le label que je venais de créer : DECAL'AGE PRODUCTIONS Editions. Parce que j'avais envie de dire au moment de renoncer pourquoi je renonçais, et aussi parce qu'il ne fallait pas hésiter à présenter les choses avec courage pour que l'on cesse de croire que l'écrivain public était un métier comme un autre. Alors qu'il ne l'est plus s'il l'a un jour été. Les temps changent et chacun doit pouvoir s'adapter en faisant néanmoins preuve d'objectivité.

    Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a plus rien à faire en termes de communication. Face aux portables et à la toile et face aux opinions toutes faites qui rangent encore l'écrivain public dans la catégorie des vieux retraités qui s'ennuient et qui souhaitent s'investir dans une telle activité, il y aurait sûrement à redessiner un autre concept. Car 18% d'illettrés c'est tout de même consternant, non ? Ne croyez-vous qu'il conviendrait enfin d'y réfléchir ?

    Louis PETRIAC 

     

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