• Et vu du Moyen Age, notre Périgord ?...

    paysans travail champ

    1ère couv A. DavidLe Boulazacois Alain DAVID a enseigné l'Histoire et la Géographie et il lui arrive encore souvent de plancher sur un récit destiné aux nombreux enfants qui gravitent autour de lui. C'est l'un de ces récits évoquant un surprenant Périgord du Moyen Age que nous publierons. Entre conte et travail d'historien !

    Mais voyons plutôt comment le petit Jaquet, l'un des héros de ce récit, occupait jadis ses journées.

    " Si j’ai choisi d’aller, aujourd’hui, dans les bois de Payzac c’est parce que j’ai repéré deux ou trois passées de lièvre ou de lapin de garenne ainsi que des petits noisetiers sous lesquels la terre est brûlée. Et alors, me direz-vous ? J’ai emporté dans mon havresac, en plus de mon déjeuner de midi, sept ou huit petits bouts de corde de chanvre récupérés à la foire d’Excideuil et un court morceau de fer plat. Une fois les brebis dans le pré, je vais les laisser se gaver de trèfle et de chardons et puis je les conduirai au milieu de la pâture, où je les laisserai à la garde de Finaud, pour avoir le temps de faire mes petites affaires. D’abord, poser mes collets aux bons endroits. Attacher la fine cordelette à une branche basse assez flexible, mais solide, car le lièvre ou le lapin, se sentant pris, fera des bonds désespérés pour se libérer. Faire bien attention qu’elle soit cachée par la végétation. L’idéal, bien sûr, ce serait au milieu des hautes herbes, seulement là, dans le sous-bois, il n’y en a pas. Et surtout, penser à bien rouler la corde dans un mélange de mousse et de feuilles, pour que l’animal ne sente pas mon odeur. C’est mon ami, le frère Jean, qui m’a appris ça. Mais je vous reparlerai de lui plus tard. Avec un peu de chance, je ramènerai un beau lièvre ou un beau lapin, ce soir à la maison. Pourquoi pas deux ? Enfin, un déjà, ça ne serait pas mal ! Ca améliorerait l’ordinaire. Bien sûr, je sais que je n’ai pas le droit de braconner. La chasse, c est réservé au seigneur du lieu. Si on se fait prendre, on risque gros.

    J’ai entendu à la foire de Saint Martial, un paysan raconter à ce propos une histoire bien affreuse...

    Un serf de son village n’avait plus rien à donner à manger à sa femme et à ses nombreux enfants. Ils allaient tous mourir de faim. Alors le pauvre homme a décidé d’aller braconner dans les bois du seigneur et il a eu la chance d’attraper deux lapins, dont un lapereau. Hélas, par manque de chance, le seigneur avait invité à la chasse quelques autres seigneurs de ses amis. Et en sortant du bois pour regagner sa masure, il est précisément tombé sur le seigneur et ses amis qui arrivaient à cheval. Le pauvre malheureux tenait ses deux prises par les oreilles et n’a pu les dissimuler. Le seigneur l’a fait arrêter par ses gardes et on l’a jeté dans un des culs de basse-fosse du château, une oubliette, en attendant que le seigneur le juge, puisque c’est lui qui rendait la justice dans sa seigneurie. On l’a laissé là pendant cinq jours sans manger et sans boire. Enfin, un matin, le seigneur l’a fait chercher et il a comparu devant lui, entouré de ses vassaux. La sentence a été terrible : il a été condamné à avoir les mains coupées. C’était terrible ! On a arrêté l’hémorragie en plongeant ses moignons dans de l’eau bouillante et on l’a laissé repartir dans son village. Bien sûr, il ne peut plus travailler et il est depuis condamné, lui et sa famille, à mourir de faim à petit feu.

    Certes, ses voisins du village font preuve de générosité. Chacun, à tour de rôle, ils lui donnent un peu de leur maigre pitance, car l’été précédent a été pourri et la récolte de blé et de seigle a été très faible. Le paysan a terminé son histoire en disant que si le seigneur avait décidé de lui faire couper les mains, c’était pour que cela serve d’exemple aux autres. J’étais horrifié, tout comme ceux qui avaient entendu cette horrible histoire. Ils se sont mis à gronder, certains même ont levé le poing car la cruauté du seigneur les révoltait."

    GUILLAUME, THIBAUT et JAQUET, chevaliers courage périgourdins, ISBN n° 978-2-918296-19-5, 19 €

     

     

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