• Marc Herrand... entre génie et passions d'artiste

                Ecole Marc 1933     1933, Strasbourg... Marc HERRAND (2è à gauche dans la rangée du haut) n'imagine pas encore ce qui l'attend  

     

    9782918296294jpgDans l'un de ses derniers ouvrages*, Louis PETRIAC rend hommage à l'Alsacien Marc HERRAND qui, aux côtés de Jean-Louis JAUBERT et du Périgourdin Guy BOURGUIGNON avait créé en février 1946 les COMPAGNONS DE LA CHANSON. Il l'avait rencontré chez lui, à Strasbourg, à la fin avril 2014, voici déjà trois ans très exactement !

    Si Marc avait raconté dans une biographie écrite avec son épouse Yvette GIRAUD en 2005 ce qu'il conservait de ses nombreux périples en extrême orient et au Japon, il avait très peu abordé les souvenirs de sa période de jeune Compagnon et ce qui l'avait amené à choisir, en mars 1952, une carrière différente de celle qu'il avait menée depuis 1946. Dans cet ouvrage, il évoque, en se livrant complètement, quels étaient ses objectifs de créateur et ce qu'il attendait de son investissement au sein d'un groupe promis à tous les succès après une première tournée d'octobre 1947 au Play House Theater de New York.

    Fils d'un employé de banque qu'il ne comprenait pas toujours et d'une mère qu'il perdra trop vite, rien ne laissait imaginer que Marc HERRAND pourrait, un jour, choisir de rompre l'adolescence qu'il vivait, pour partir découvrir, hors de chez lui, d'autres horizons. Il faut reconnaître qu'à l'été 1940, l'Alsace était devenue invivable. Devenue partie intégrale du Reich allemand, il n'y était plus question d'histoire de France ni d'y parler une autre langue que l'allemand. Ce qui impliquera que tous les indésirables, les Juifs et les francophiles, soient expulsés dès l'arrivée des nazis. Avec ce que sous-tendait pour las Alsaciens l'obligation de germaniser leur nom de famille, un nom des rues traduit en allemand, l'incendie d'une synagogue et, parfois, un enrôlement de force dans les Jeunesses Hitlériennes, voire une élite sociale décimée, il y avait là un véritable terreau propre à servir une révolte qui en animait déjà quelques-uns. Surtout après qu'on ait contraint les Strasbourgeois à brûler sur leur place Kléber devenue une place Karl Roos tous les livres écrits en français et à s'enrôler sous d'autres bannières que les leurs. Voire à ne plus oser porter le traditionnel béret auquel les Allemands étaient hostiles et qu'ils foulaient même au pied, lorsqu'ils croisaient des individus qui en étaient affublés. Marc le reconnaît, tout cela a favorisé un sentiment de patriotisme viscéral et l'a conduit à s'opposer au diktat des nouveaux maîtres de l'Alsace, puis à projeter de fuir une région où l'on s'évertuait à contrarier toute expression d'origine alsacienne. Et tout cela a joué un rôle quand, un peu plus tard, il s'est agi de trouver un nom d'artiste propre à gommer de son patronyme toute influence germanique et à choisir de s'appeler HERRAND.

    Avec un portrait d'artiste qui permettra de mieux comprendre quel était l'univers d'un jeune créateur au lendemain de la guerre, l'auteur a aussi voulu revenir sur une carrière et sur les rencontres d'un homme qui aura marqué l'après-guerre par un talent qui faisait de lui l'un des meilleurs arrangeurs vocaux. Un ouvrage conçu en petit nombre, d'environ 200 pages, abondamment illustré, que l'on peut toujours se procurer

       

    * Marc HERRAND, un inoubliable grand Monsieur de la Chanson française, ISBN n° 978-2-918296-29-4

     

    « Humeur : Que reste-t-il de ces beaux jours ?...Voici quarante ans déjà, un cancre génial nous quittait... »
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  • Commentaires

    1
    Samedi 29 Avril à 09:42

    Bonjour 

    Bon Week End

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