• Nous l'appellerons Willy "et pis" c'est tout !

    Nous l'appellerons Willy "et pis" c'est tout !

    Pour le Sarthois Albert CHOLLET qui poursuivait surtout l'objectif de redresser son exploitation agricole à Crosmières, il n'y avait aucune raison que ceux qui aidaient à ce rétablissement ne bénéficient pas d'égards, quels qu'ils soient, et le fait qu'ils soient prisonniers de guerre ou pas ne changeait rien à l'affaire.

    Comme le précise dans son ouvrage Guillaume FERRAND, au lieu-dit Touvoie, à quelques encablures de La Flèche, les distractions ne manquaient pas, une fois le labeur achevé et leur nouvelle "recrue" Wilhelm y était associé. Car il avait fini par être convié à toutes les petites fêtes et les cérémonies, voire aux baptêmes, ayant même accès au bistrot du coin où l’on savait pertinemment que si on avait refusé de le servir, mon grand-père n’y aurait plus remis les pieds. Car, qu’il y vienne en présence d’un « boche » ou pas, c’était un homme au caractère affirmé qui y était respecté et qu’il n’aurait pas fallu contrarier. D’ailleurs, chez les CHOLLET, prisonnier allemand ou pas, les repas étaient pris en commun. Et les deux hommes travaillant de consort, il aurait été déplacé de traiter mon grand-père Albert de « collabo » parce qu’il avait jeté les bases d’un partenariat avec quelqu’un qui, de surcroît, était prêt à s’amender et à aider les autres ! Un affront qu’il n’aurait accepté de personne, fut-il celui émanant d’un proche voisin ! Je crois même que dans une région encore fortement impactée par l’arrivée des G.I’s américains et le débarquement allié de Normandie, et aussi pour éteindre autour de lui toutes les oppositions et toutes les fourberies, mon grand-père avait très vite choisi avec malice de rebaptiser Wilhelm du nom de Willy. « Pour moi, lui avait-il dit un jour en bougonnant, tu seras Willy ! C’est moins compliqué à prononcer et parce que vous autres, vous êtes trop compliqués avec vos Wil j’ne sais pas trop quoi ! »

    Pour que Wilhelm OTTO devenu Willy puisse avoir davantage le champ libre et sans doute pouvoir l’aider encore plus efficacement, je ne doute pas quelles difficultés mon grand-père a dû surmonter pour l’imposer. Surtout qu’un an auparavant, on se battait toujours férocement contre les Allemands et que permettre à l’un d’entre eux d’occuper un tel poste d’assistant agricole, c’était un véritable pied-de-nez à l’histoire !

    Cet ouvrage dont il vient de s'écouler un peu plus d'une centaine d'exemplaires en pré-vente avant sa sortie officielle à la fin du mois situe tout à fait le dilemme auquel beaucoup de ceux qui avaient fait appel à de la main d'oeuvre allemande en 1945 avaient été confrontés. Car la méfiance et l'envie de se venger de ceux qui leur avaient damé le pion cinq ans durant pesaient lourd dans la balance. On peut toujours se procurer l'ouvrage chez quelques dépositaires ou auprès de nous.

    LA BOUTEILLE DE GOUTTE, Guillaume FERRAND, ISBN 978-2-918296-48-5

    « Il s'en est allé dans la plus grande discrétion... Hélas !Magda Goebbels... A quand la fin du mythe ? »
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