• Le S.T.O et la survie des "pris au piège"

    Le S.T.O et la survie des "pris au piège"

    Le S.T.O et la survie des "pris au piège"Dans l'ouvrage que nous venons de publier chez DECAL'AGE PRODUCTIONS éditions, Jean RODON évoque son quotidien de "requis" au S.T.O. et le régime amaigrissant auquel il avait été soumis, comme quelques autres.

    EXTRAITS Bien que nous aurions tous préféré que cette terrible époque de guerre et d’occupation n’ait pas eu lieu, cette période du S.T.O. aura été pour moi, humainement, très enrichissante. Parce qu’elle m’aura aidé à repousser les limites de l’inacceptable. Lorsque la peur, les risques et les motivations, n’ont plus la même signification, se confondant et laissant place à un seul et même objectif, celui de la survie et de pouvoir tout simplement trouver à manger, comment pourrait-il en être autrement ?  

    Depuis que nous avions commencé à subir après le printemps 1940 des restrictions alimentaires en France, talonné comme beaucoup par la faim, cela était déjà devenu pour moi quelque chose d’obsessionnel. Dès le début de mon séjour en Allemagne, cela ne fit que s’amplifier. Évidemment, il y avait ceux, peu nombreux, qui recevaient des colis et ceux qui n’en recevaient pas ou très peu ; j’en faisais partie. A tel point que mon étui de cinq cigares voltigeurs que m’avait donné mon patron, fut rapidement échangé contre 5 kg de pommes de terre, les indispensables kartoffeln avec un Allemand grand fumeur qui travaillait dans le même atelier que moi. Ce qui me posa bien des problèmes pour les ramener dans le camp. Une pomme de terre et surtout deux, suivant leur grosseur dans les poches de mon pantalon, étaient facilement repérables et elles me firent en effet connaître les premières peurs, celles d’être fouillé par la police de l’usine qui n’avait pas une très bonne renommée. Combien de ces achtung, achtung [1] y-a-t-il eu, je ne saurais le dire. Au début, ces peurs mal maîtrisées devinrent ensuite très excitantes. Passer devant les regards soupçonneux des policiers devint même au cours des derniers temps presque un jeu.

    (1) Attention, attention.

    JOURNAL D'UN ADOLESCENT FACE A LA GUERRE, Jean RODON, ISBN 978-2-918296-46-1

    « S'adapter ou disparaître... C'était déjà vrai en 1991-1992 !Le 3 juin 2013 décédait le compagnon préféré d'Edith Piaf, Jean-Louis Jaubert... »
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